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Les enfants face aux écrans : quels risques pour la santé ?

Dernière mise à jour : il y a 2 jours


enfant face aux écrans

Dans les salons, dans les poches, dans les cartables.. les écrans font partie intégrante du quotidien de nos enfants, à la maison comme à l'école. L'exposition aux ordinateurs, aux smartphones ou à la télévision n'est pourtant pas anodine. Découvrez les risques associés, pour apprendre à vos enfants à bien vivre avec les écrans, et préserver leur santé.

Smartphone, tablette, télé : quel usage des écrans chez les enfants ?

À 5 ans et demi, 98 % des enfants regardent la télévision, 54 % jouent avec une tablette ou un ordinateur et 26 % avec un smartphone au moins une fois par semaine.* Dans de nombreuses familles, enfants et écrans sont devenus des compagnons inséparables. Quelles relations entretiennent-ils au quotidien ? Selon un sondage mené en 2016 par l'Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa), - smartphone ou tablette - en moyenne 30 minutes par semaine, dont près d'un tiers sans la surveillance des parents. Plus récemment, l'étude longitudinale française depuis l'enfance (Elfe), consacrée au suivi de 18 000 enfants nés en 2011, s'est également penchée sur le sujet. D'après une enquête publiée en novembre 2022, le smartphone se retrouve dans les mains de 20 % des bébés de 2 ans. Ce chiffre grimpe à 27 % pour les ordinateurs ou les tablettes, et à 83 % lorsqu'il s'agit de regarder la télévision. Qu'en est-il des enfants et adolescents ? Junior Connect' a interrogé cette génération toujours plus connectée pour découvrir leurs usages des écrans. Les résultats, parus en 2022, témoignent de la part grandissante de cette pratique dans la vie de nos têtes blondes. En effet, les jeunes enfants de 7 à 12 ans possèdent en moyenne 1,6 écran personnel. Les ados de 13 à 19 ans, quant à eux, ont en moyenne 3 écrans qui leur sont propres.

L'étude nous apprend également qu'Internet est le média de référence de la jeunesse :


  • Les moins de 6 ans surfent 6 heures par semaine sur la Toile,

  • Les 7-12 ans consacrent 9 heures de leur temps hebdomadaire au Web,

  • Le rythme bondit pour les plus de 13 ans, qui passent près de 18 heures sur le Net.


La santé des enfants face aux écrans

Les enfants se servent principalement d'Internet pour se divertir, c'est-à-dire jouer aux jeux vidéo, échanger avec des amis, écouter de la musique, regarder la télévision en direct ou encore naviguer sur les réseaux sociaux.

Le saviez-vous ? Particulièrement engagée dans la protection des familles, la MAE participe à sensibiliser les élèves de maternelle aux écrans via l'album « Maël et Maëva, les écrans en toute tranquillité ». Cette ressource pédagogique est accessible gratuitement pour les enseignantes et enseignants.

Consommation d'écran : quels sont les risques sur la santé des enfants ?

Les écrans numériques cumulent de nombreux avantages : ils sont ludiques, pratiques, interactifs, et divertissants. Néanmoins, diverses études indiquent qu'une surexposition aux écrans pourrait nuire à la santé physique comme psychologique.

Retard de langage

Les écrans peuvent avoir des effets plus ou moins importants sur le développement du cerveau et l'apprentissage de compétences fondamentales, selon l'âge de l'enfant. Chez les tout-petits, la consommation d'écran risquerait de freiner la motricité et l'évolution des capacités cognitives.

En effet, une étude de Santé publique France conclut que la possibilité de développer des troubles primaires du langage est 3 fois plus élevée chez les enfants exposés aux écrans le matin. Ce risque est multiplié par 6 lorsqu'il est associé à une absence de discussion des contenus visionnés avec les parents.


les écrans et la santé des enfants

En outre, la télévision, et plus généralement les écrans, peut favoriser l'apparition de problèmes de concentration et d'attention à l'école.

Troubles du sommeil

« Le sommeil des jeunes, pays des écrans en veille », c'est ainsi que s'intitule l'enquête menée par des élèves de 1re auprès de 600 élèves, du CE2 à la 4e. Un titre judicieux, puisque les écrans perturbent bel et bien la qualité du sommeil des enfants.

On y apprend notamment que la moitié des parents ne demandent jamais leur téléphone à leurs enfants, même avant le coucher. Ainsi, 2 enfants sur 3 dorment avec leur téléphone allumé à côté d'eux. Consultation de vidéos, réseaux sociaux, envoi de SMS... plus l'enfant est âgé, plus son activité sur l'écran l'accapare jusqu'à l'extinction des feux, voire au-delà. Conséquences de ces nouvelles habitudes : les jeunes peuvent rencontrer des difficultés à s'endormir.

Entre autres, les jeux de combat ou de compétition sont à proscrire, car ils provoquent des tensions et des énervements très nocifs pour la qualité du sommeil. Il est un ennemi plus méconnu encore : la lumière bleue des écrans. D'après une étude du professeur Paul Gringras, elle perturbe la mélatonine, l'hormone qui favorise l'endormissement, pouvant ainsi retarder le sommeil de plus d'une heure.

Isolement social

La mise en cause des écrans dans le phénomène de désocialisation est une idée très répandue, mais c'est aussi une interprétation contestée, voire combattue. Alors où est la vérité ? Un enfant scotché à un écran réduit ses heures d'interaction sociale, c'est un fait incontestable. Ce comportement, aussi problématique soit-il, préfigure-t-il pour autant une incapacité chronique à se lier à d'autres ? Pas nécessairement. Les réponses pourraient se trouver dans le comportement de l'enfant lorsqu'il se retrouve dans sa vraie vie sociale.

En effet, certaines et certains jeunes apprécient de ne pas être constamment au milieu de leurs pairs et d'être seuls de temps en temps, même loin des écrans. Cette attitude relève davantage d'un trait de personnalité que d'une consommation néfaste des écrans. Elles et ils ne sont pas asociaux, mais plutôt autonomes ou réservés. Vous pouvez ainsi inciter l'enfant à découvrir des plaisirs à partager avec d'autres amis, aussi intenses que ceux qu'il peut éprouver seul. Dans ce cas précis, l'écran n'est pas un ennemi, mais plutôt un révélateur de caractère.

Pour d'autres enfants, en revanche, l'écran est un refuge, car ils craignent le lien avec autrui. Cette peur les perturbe, les inhibe ; et l'écran leur apparaît alors comme une agréable zone de protection. Leur retrait social se vit à chaque instant, à l'école ou dans les activités extrascolaires, ou bien encore avec d'autres enfants dans des cercles amicaux ou familiaux. L'écran peut alors accentuer leur rupture avec « le monde extérieur ». Dans ces circonstances, le rôle du parent est de poser, là encore, des règles d'usage qui, progressivement et jamais brutalement, aident l'enfant à se désaccoutumer de ses écrans.

Risque d'obésité accru

Des travaux menés par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) mettent en évidence la relation de cause à effet entre l'exposition aux écrans et la prise de poids. Selon l'étude, la consommation d'écran dès les 2 ans de l'enfant conduit à un taux de masse corporelle supérieur à la moyenne à son 5e anniversaire. Comment expliquer ce constat ? La sédentarité est en cause, car les écrans limitent le temps que nos enfants peuvent consacrer à l'activité physique. Un autre facteur pourrait également favoriser le surpoids : la position assise et passive, qui inciterait au grignotage.

Pour y remédier, vous pouvez définir un temps consacré aux écrans et veiller à le faire respecter. Il est aussi possible d'inviter les enfants à vivre d'autres expériences qui les font bouger : promenades, courses, sport, visites culturelles... De quoi s'amuser en famille et créer des souvenirs indélébiles !

Comment faire écran aux écrans : quelques conseils pour les parents

Contrôler le temps passé devant les écrans, et mettre en place de bonnes habitudes, cela n'est pas toujours un jeu d'enfant pour les parents. La règle du « 3-6-9-12 », inventée par le psychologue Serge Tisseron et relayée par l'Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa), constitue un premier point de repère. Elle offre des recommandations en matière d'exposition aux écrans selon l'âge des enfants, afin de les familiariser progressivement à leur utilisation. Autre principe clé conseillé par l'Afpa pour préserver la santé des plus jeunes, la règle des « 4 pas » de Sabine Duflo :