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Orientation scolaire : le baromètre des formations plébiscitées par les filles et par les garçons

Le choix d’orientation vers certaines filières dans le secondaire reste très influencé par le genre des futurs étudiants. C’est ce que révèle l’analyse des données publiées par Parcoursup.


Par Stanislas de Livonnière


Lancée en 2018, la plateforme Parcoursup est destinées à recueillir les vœux d’affectation des futurs étudiants de l’enseignement supérieur français. Depuis lors, chaque année, plus de 300 000 futurs étudiants y listent leurs vœux d’orientation. Médecine, droit, sociologie, ou encore école de commerce ou d’ingénieur… l’ensemble des formations dispensées dans le secondaire en France sont disponibles.La mécanique pour les garçons, la mode pour les filles…Et, clairement, certaines filières sont extrêmement genrées. En haut de tableau, on retrouve les « Métiers de l’esthétique-cosmétique-parfumerie », parcours choisi par 97,3 % de filles. Dans le même secteur, les « Métiers de la mode-vêtements » recueillent aussi 84 % de leurs vœux. En second lieu, plusieurs métiers liés à la petite enfance attirent peu de jeunes hommes. C’est le cas du « Certificat de capacité d’Orthophoniste » qui a recueilli 45 911 candidatures en 2021, dont 44 354 personnes de sexe féminin (soit 96,6 %). On retrouve des proportions similaires pour le « D.E Educateur de Jeunes Enfants » qui a attiré 94,7 % de jeunes filles. La troisième place du podium est occupée par des formations liées au secrétariat, « Médico Social » avec 92 % de candidates ou encore juridique (92 %).

Le niveau de la formation peut aussi peser sur les vœux. Selon Iris Ollivault, conseillère d’orientation et coach de carrière basée à Angers (Maine-et-Loire), « les filles peuvent opter pour des parcours à dominante littéraire dans les filières longues, et pour des métiers à forte dimension sociale en filière courte. Cette distinction s’opère aussi chez les garçons, notamment entre les sciences appliquées et les métiers dits techniques ».

Chez les garçons, c’est de loin dans les filières liées à la mécanique qu’ils auront le moins de chance d’être formés aux côtés de jeunes filles. Ils sont 98 % à avoir souhaité s’engager dans une filière de « Technicien ascensoriste » ou en BTS « Moteur à combustion interne ». C’est 97 % pour les « Technicien (ne) en soudage » ou encore pour la « Maintenance des véhicules option motocycles ». De même les métiers liés à l’électronique ou à l’industrie lourde peinent à attirer les jeunes filles : « Conception et réalisation en chaudronnerie industrielle » (4 %), « Electrotechnique » (5,3 %), Réseaux et télécommunications (8,2 %).


La parité dans l’hôtellerie et la restauration

Toutes les filières ne sont pas concernées. À commencer par des parcours de management lié à l’hôtellerie et à la restauration, parfaitement paritaires ou les formations de « Commercial Opérationnel » (50 %). De même pour certaines filières de Sciences Humaines, comme l’Histoire, ou artistiques comme la musicologie ou le cinéma.


Mais clairement, « plus les sciences sont appliquées, plus on s’éloigne de la parité » précise la conseillère d’orientation. « Sans un travail approfondi de déconstruction des stéréotypes de genre, ciblé par filière, le retour obligatoire des maths en première ne pourra, à lui seul, redorer le blason des filières scientifiques aux yeux des filles » conclut-elle.

Les données détaillées sont disponibles académie, par académie, sur le site du ministère de la Recherche et de l’enseignement supérieur. Elles couvrent tous les candidats ayant fait au moins un vœu en phase principale et/ou en phase complémentaire (hors formations en apprentissage) lors de la campagne 2021.

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